Cohiba : Histoire et Légende du Cigare le Plus Mythique du Monde
Histoire et culture du cigare
D'une fabrique discrète de La Havane aux salons du monde entier : soixante ans d'un mythe cubain, raconté sans fard.
L'histoire Cohiba commence comme un secret d'État : un cigare roulé pour un seul homme, offert aux chefs d'État avant d'être vendu à quiconque. Comprendre cette saga, c'est aussi comprendre ce qu'exige un grand havane une fois rentré chez soi, à commencer par une cave à cigares capable d'en préserver l'équilibre. Voici, étape par étape, comment une marque née en 1966 est devenue la référence des cigares cubains, ce qui fonde réellement sa réputation, et comment l'apprécier dans de bonnes conditions.
Sommaire
Qui a créé Cohiba ? Aux origines de l'histoire Cohiba
Cohiba n'a pas été inventé par un industriel, mais par un concours de circonstances. Au début des années 1960, Bienvenido Pérez, dit « Chicho », garde du corps de Fidel Castro, fume des cigares d'un parfum inhabituel. Ils sont roulés par un ami, le torcedor Eduardo Ribera, à partir d'un mélange qu'il a mis au point lui-même. Castro les goûte, les apprécie, et demande que l'on produise désormais ces cigares pour lui.
Le projet prend forme en 1966, dans une grande demeure du quartier résidentiel d'El Laguito, à l'ouest de La Havane. La fabrique ne figure dans aucun circuit commercial : ses cigares sont réservés à Castro, à son entourage et surtout aux cadeaux diplomatiques. Eduardo Ribera y forme les premières rouleuses, car El Laguito fait un choix rare pour l'époque : confier la production à une équipe presque entièrement féminine. Quelques années plus tard, la direction de la fabrique revient à Avelino Lara, maître torcedor qui va structurer les méthodes de la maison pendant des décennies.
Un cigare diplomatique avant d'être un produit
Pendant seize ans, impossible d'acheter un Cohiba. Ceux qui en fument l'ont reçu des mains du gouvernement cubain : ministres, ambassadeurs, chefs d'État étrangers. Cette rareté absolue fabrique le mythe bien avant le premier coffret vendu. Ironie de l'histoire, Fidel Castro cesse de fumer en 1985, au moment même où sa marque commence à conquérir le monde.
Que signifie le mot Cohiba ?
Le mot Cohiba vient de la langue des Taïnos, peuple autochtone de Cuba. Selon les chroniqueurs espagnols, il désignait les feuilles de tabac roulées que les Taïnos fumaient, notamment lors de cérémonies. C'est donc l'un des plus anciens mots connus pour désigner ce que nous appelons aujourd'hui un cigare.
À savoir
Lorsque les marins de Christophe Colomb débarquent à Cuba en 1492, ils découvrent cet usage du tabac roulé. Le choix du nom Cohiba relie donc la marque aux toutes premières traces du cigare dans l'histoire, un symbole que Cuba exploitera en 1992 avec la Línea 1492.
Les grandes dates de l'histoire Cohiba
La marque a évolué par grandes lignes successives, chacune élargissant la gamme sans renier l'identité d'origine. Voici les repères essentiels.
Quand Cohiba a-t-il été commercialisé ?
Cohiba est mis en vente au public en 1982, seize ans après sa création. Cuba décide alors de confier sa plus belle signature au marché international, avec des formats directement issus de la production diplomatique. L'organisme public chargé des exportations, aujourd'hui Habanos S.A., en fait progressivement la vitrine du cigare cubain.
Pourquoi Cohiba est-il si réputé ?
La réputation de Cohiba repose sur trois piliers que la marque revendique depuis l'origine : la sélection du tabac, une étape de fermentation supplémentaire et le savoir-faire de ses rouleuses. Le reste relève de la rareté entretenue et du prestige politique.
Une sélection serrée dans la Vuelta Abajo
Le tabac provient de la Vuelta Abajo, dans la province de Pinar del Río, considérée comme le terroir le plus réputé de Cuba. Cohiba y puise dans un nombre restreint de vegas (plantations) parmi les plus cotées, avec un tri sévère des feuilles.
Une troisième fermentation
C'est la signature technique la plus citée : une partie des feuilles de tripe, le seco et le ligero, subit une troisième fermentation en fûts, quand la plupart des cigares cubains s'en tiennent à deux. Cette étape arrondit le tabac et contribue au profil reconnaissable de la marque, à la fois riche et poli.
Un savoir-faire concentré et une rareté entretenue
Les formats les plus délicats, Lancero en tête, sont confiés aux rouleuses les plus expérimentées. La production reste mesurée au regard de la demande mondiale, ce qui alimente à la fois les prix et, revers de la médaille, une contrefaçon massive.
Ce prestige a un corollaire très concret : un cigare d'exception ne garde ses qualités que s'il est conservé avec rigueur. Une cave en cèdre pour vos havanes stabilise l'humidité et protège les arômes que la triple fermentation a mis des années à construire.
Attention
Cohiba est l'une des marques de cigares les plus imitées. Les contrefaçons circulent surtout hors des réseaux officiels : marchés de rue, sites inconnus, vendeurs à la sauvette en voyage. Un havane authentique s'achète chez un débitant agréé, avec sa boîte d'origine et ses scellés. Précisons-le : Atelier Atypique ne vend ni cigares ni tabac, uniquement des accessoires.
Cohiba cubain ou dominicain : quelle différence ?
Il existe deux Cohiba, et ils n'ont rien en commun hormis le nom. Le Cohiba cubain, produit à Cuba et distribué par Habanos S.A., est vendu partout sauf aux États-Unis. Le Cohiba dominicain est fabriqué en République dominicaine par un groupe américain qui a déposé le nom aux États-Unis à la fin des années 1970, profitant de l'embargo instauré en 1962.
Les deux maisons s'opposent depuis des décennies devant les tribunaux américains. Pour l'amateur européen, la règle est simple : chez un débitant agréé en France, le Cohiba est cubain.
| Critère | Cohiba cubain | Cohiba dominicain |
|---|---|---|
| Origine du tabac | Cuba, Vuelta Abajo | Tabacs non cubains |
| Lieu de fabrication | Cuba | République dominicaine |
| Marché | Monde entier sauf États-Unis | États-Unis |
| Lignes connues | Clásica, 1492, Maduro 5, Behike | Gammes propres au marché américain |
| Distribution | Habanos S.A., débitants agréés | Réseau américain du fabricant |
Le cigare des puissants, au-delà de l'embargo
L'embargo a renforcé l'aura de la marque : pour beaucoup d'Américains, le havane est devenu le fruit défendu. Ailleurs, Cohiba s'est imposé comme le cigare des négociations et des grandes occasions, souvent associé au cinéma, à la politique et aux salons feutrés. Une image qui tient autant au récit qu'au contenu de la boîte.
Comment conserver et déguster un Cohiba
Une belle histoire ne suffit pas : un havane mal conservé perd vite ce qui fait sa valeur. La conservation se règle autour de 65 à 70 % d'humidité relative et d'une température de 16 à 20 °C, à l'abri de la lumière. Le cèdre espagnol reste le bois de référence : il tamponne l'humidité et accompagne les arômes sans les écraser. Pour suivre ces valeurs, un hygromètre fiable et un humidificateur de cave bien entretenu font la différence.
Quatre étapes pour apprécier un havane
Conseil
Pour découvrir la marque, les amateurs conseillent souvent un Robusto ou un Siglo II, formats moins longs et plus faciles à apprécier qu'un Lancero. Côté accords, un café serré, un rhum ambré ou un single malt conviennent bien. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
L'avis de l'atelier
Une collection de havanes se pense en nombre de places et en formats. Pour une petite sélection tournante, notre cave CARBON accueille jusqu'à 35 cigares dans 26 × 22 × 6,8 cm : extérieur en fibre de carbone et verre, intérieur en cèdre espagnol, hygromètre électronique lisible en façade sans ouvrir le couvercle. C'est le bon format pour garder à portée de main quelques Robusto et Siglo.
Pour qui veut ranger ses cigares par ligne ou par millésime, la cave EAMES Edition change d'échelle : jusqu'à 110 cigares, cèdre espagnol intégral, cinq tiroirs dont deux vitrés, un séparateur amovible et un hygromètre visible en façade, pour 24 × 32,5 × 25 cm. Dans les deux cas, prévoyez la mise en condition de 24 à 48 heures avant d'y placer vos cigares, et estimez vos besoins avec notre calculatrice de capacité.
Une idée cadeau pour l'amateur de havanes
Offrir des cigares est délicat : chacun a ses formats et ses habitudes. Offrir de quoi les sublimer l'est beaucoup moins. Une cave, un coupe-cigare précis, un briquet torche ou un cendrier généreux accompagnent durablement le rituel, que ce soit pour un anniversaire, une fête des pères ou un départ à la retraite.
Le bon réflexe : partir du nombre de cigares que conserve l'amateur, puis compléter avec l'accessoire qui lui manque.
Questions fréquentes sur l'histoire de Cohiba
Qui a créé la marque Cohiba ?
Que veut dire le mot Cohiba ?
Depuis quand peut-on acheter des Cohiba ?
Pourquoi Cohiba est-il aussi cher ?
Quelle est la différence entre le Cohiba cubain et le Cohiba dominicain ?
Comment conserver un Cohiba à la maison ?
Un Cohiba se bonifie-t-il avec le temps ?
Un havane mérite un écrin à sa hauteur
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